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Médiation familiale
Textes complémentaires
- Pourquoi divorcer, on s’entend?
- Le plan d’action parentale.
- Jusqu’à quand un enfant est « à charge »?
- Je ne veux pas aller chez papa.
- Les règles de base pour assurer le succès du partage
des responsabilités parentales.
- Les quatre saisons de la famille recomposée.
Pourquoi divorcer, on s’entend?
- C’est justement le temps de faire tous les documents légaux
lorsqu’il y a entente. En effet, plusieurs facteurs peuvent
ébranler votre entente comme la venue d’un nouveau conjoint,
de nouveaux projets financiers, une perte d’emploi, une
maladie importante, une faillite etc… Mais surtout, le résumé
des ententes de médiation n’est pas un document légal et n’a
aucune valeur contraignante entre les époux. C’est un document
de travail auquel, il est préférable de donner une suite
juridique soit par la rédaction d’une convention et
l’obtention d’un jugement.
Ainsi, vous serez sûr(e) que les ententes ne pourront être
modifiées de manière unilatérale, d’effectuer les transactions
nécessaires au transfert de biens en sécurité et de pouvoir
recevoir votre pension alimentaire advenant une mésentente
sur le versement de celle-ci. Vos droits et les ententes
prises auront plus de chance d’être respectées et vos obligations
y seront clairement déterminées : ni en plus, ni en moins.
Pour plus d’informations sur le sujet, vous pouvez visiter
le site du ministère de la Justice
(www.justice.gouv.qc.ca).
Le plan d’action parentale.
-
1. Qu'est-ce qu'un plan d'action parental?
Un plan d'action parental définit les droits et responsabilités
de chacun des parents, les arrangements spécifiques ainsi que
les accords sur les questions comme le temps de vie des enfants
chez chacun des parents, les horaires de congés et de vacances,
la manière de prendre les décisions et la manière de répartir
les coûts.
Les décisions que vous prendrez pourront être indiquées dans
votre convention de divorce bien que certaines d'entre elles
ne soient pas exécutoires sur le plan juridique. Le plan d'action
parental est un outil important pour favoriser la réorganisation
de la vie familiale.
2. Comment aborder le plan d'action parental?
Même si vous savez très bien ce que vous voulez, il est
important d'aborder la discussion qui conduira à la formulation
du plan d'action parental avec une attitude d'ouverture et une
volonté d'expérimenter.
Vous aurez peut-être besoin d'essayer diverses modalités avant
de trouver celle qui convient. La formule que vous adopterez
immédiatement après votre séparation ne conviendra peut-être
plus une fois que vous serez adaptés à la situation. Soyez
flexibles et permettez-vous de faire des changements en fonction
des changements de circonstances. Ne voyez pas les choses qui ne
fonctionnent pas comme des échecs mais comme des informations qui
vous permettront de formuler un meilleur plan d'action.
Avant de négocier un plan d'action parental, il est utile de
clarifier vos buts généraux et vos préférences. Voici quelques
questions pour vous aider :
- Quel niveau d'implication voulez-vous avoir avec vos
enfants?
- Chacun des parent devrait-il jouer un rôle actif en tant
que parent?
- Voulez-vous partager :
- les responsabilités du quotidien?
- les tâches et les responsabilités concernant
vos enfants?
- la prise des décisions concernant vos enfants
et comment?
- Combien de temps vos enfants devraient-ils passer dans
chaque foyer?
- Voulez-vous modifier quoi que ce soit dans la façon que
vous aviez de vous occuper des enfants lorsque vous
habitiez avec votre conjoint(e)?
- Comment pensez-vous que vos enfants vivent la situation
actuelle?
- De quelle manière vos enfants réagissent-ils au
conflit?
- Que pensez-vous que vos enfants voudraient?
3. Que devez-vous prendre en considération lors de la négociation
du plan d'action parental?
- Les besoins des enfants en fonction de leur âge;
- L'attachement psychologique des enfants;
- La manière dont les tâches d'éducation des enfants ont
été partagées dans le passé;
- Le maintien d'une relation significative avec chacun
des parents;
- Un horaire prévisible qui minimise les transitions entre
les foyers;
- La capacité des enfants de vivre les transitions;
- Le maintien de la continuité de la résidence et de
l'environnement scolaire;
- Les exigences du travail des parents et leurs horaires;
- Le besoin d'une révision périodique pour tenir compte
des changements dans les besoins des enfants et des
problèmes qu'ils peuvent rencontrer.
4. Devrions-nous partager le plan d'action parental avec nos
enfants?
Les enfants seront plus détendus s'ils comprennent bien le nouveau
mode de fonctionnement de la famille. Il est donc important que
les deux parents puissent communiquer aux enfants les nouvelles
règles que les parents se sont donnés.
| PLAN D'ACTION PARENTALE |
| RÉSIDENCE |
Horaire régulier : partage du temps pendant l'année scolaire.
Vacances d'été : durée, choix des dates, préavis, mode de
décision en cas de désaccord.
Noël et Nouvel an : partage des fêtes et du congé.
Congés et événements spéciaux : congés fériés, relâche,
anniversaire de naissance des enfants et des parents,
fêtes des pères et des mères, Pâques.
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| ÉDUCATION |
Communication avec les autorités scolaires : téléphones et
adresses.
Rencontres avec les professeurs (bulletins).
Participation aux activités de l'école
(sorties récréatives, etc.).
Communication de l'information en provenance de l'école
(bulletins, comités de parents, divers).
Suivi scolaire à la maison (devoirs et leçons).
Transmission des valeurs et des croyances ainsi que
des tâches qui y sont reliées.
Décisions importantes : choix de l'école, groupe enrichi
ou classe spéciale, etc.
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| SANTÉ |
Visites régulières chez le médecin et le dentiste.
Choix du médecin et du dentiste.
Urgences.
Décisions importantes : orthodontie, opérations, etc.
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| LOISIRS |
Choix des activités régulières de loisirs qui
nécessitent une inscription.
Participation aux activités de loisirs et transport.
Inscription aux loisirs.
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| BIEN-ÊTRE |
Transport entre les deux foyers.
Vêtements et articles de sport : achat, valises.
Modalités de communication parents-enfants et entre
les parents.
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Jusqu’à quand un enfant
est « à charge »?
-
La loi prévoit qu’un enfant est à la charge de ses parents
lorsqu’il est mineur. S’il est majeur, il est toujours à
leur charge s’il ne peut subvenir à ses propres besoins pour
cause notamment de maladie, d’invalidité ou parce qu’il
poursuit ses études. Les questions sur la notion d’enfant
à charge se posent surtout lorsque l’enfant gagne des revenus,
poursuit des études ou encore décide de recommencer de
nouvelles études.
Les juges se sont penchés à plusieurs reprises sur le sujet.
Il en ressort clairement que les parents doivent apporter
leur aide à leurs enfants aux études lorsque les enfants
étudient sérieusement (temps plein), ont du talent et que
les parents en ont les moyens. Toutefois, les enfants doivent
tendre autant que possible vers leur autonomie. Par exemple,
si l’enfant gagne des revenus à temps partiel, fait un retour
aux études (après avoir été indépendant) ou une réorientation
après l’obtention d’un premier diplôme, il pourra y avoir
diminution ou annulation de la pension alimentaire. Pour les
études de niveau universitaire lorsque l’enfant possède déjà
un diplôme ou pour des études de deuxième cycle, les juges vont
considérer les moyens et le niveau d’instruction des parents
ainsi que la pertinence du projet d’études pour obtenir un
emploi avant d’établir son droit à une pension alimentaire.
Lorsque l’enfant est majeur, il peut exercer directement et
lui-même son droit à des aliments s’il ne demeure pas chez
un de ses parents.
Je ne veux pas aller chez papa.
-
Vous êtes dans une période de transition, au début, il y a une
adaptation à faire et l’enfant s’ennuiera du parent absent. Vous
avez à le supporter et à l’inciter à aller chez l’autre parent
même si cela le dérange. Vous pouvez l’aider en lui présentant
les avantages qu’il a d’avoir deux maisons et un lien fréquent
avec ses deux parents.
Voici quelques trucs pour faciliter le transfert de votre
enfant d’une maison à l’autre :
- S’il part de chez-vous, facilitez le transfert en lui
promettant de garder le contact et téléphonez-lui quelquefois
durant la semaine.
- Pour le jeune enfant, donnez-lui un ours en peluche
ou une couverture qu’il transportera avec lui d’une maison
à l’autre, cela lui procurera un sentiment de sécurité.
Une photo du parent absent peut aussi l’accompagner.
- Offrez lui un calendrier humoristique où il pourra
marquer les jours chez l’un et l’autre parent, cela lui
permettra de savoir à quoi s’attendre et lui donnera moins
l’impression d’être constamment pris par surprise et ballotté.
- N’oubliez pas qu’une fin de semaine peut sembler un
mois à un enfant et que deux semaines de vacances peuvent
être une éternité.
- Il est bon autant que possible de garder une continuité
avec ce qui se faisait avant la séparation (habitudes de vie,
discipline, rites, etc.).
- S’il arrive chez-vous et que vous devez aller le chercher,
assurez-lui que vous serez là au moment prévu et soyez-y à
tout prix. Parce qu’il a vu ses parents se quitter, il a
peur de l’abandon.
- Associez son arrivée avec une activité qu’il aime comme
un souper au restaurant.
- Aidez-le à faire et défaire ses valises, faites-en un
moment d’échanges sur ce qu’il a vécu depuis votre dernier
contact.
- Assurez-vous d'être le plus présent possible après son
retour chez-vous.
- Même si sa résidence principale n’est pas chez vous,
réservez-lui quand même un espace qui est sien de façon
permanente et qui n’est pas utilisé par d’autres en son absence
afin d’atténuer son impression « d’être de la visite.
- Si vous manquez d’espace et ne pouvez lui consacrer une
pièce entière, réservez-lui au moins un tiroir, une commode,
quelque chose qui ne sera qu’à lui et qui marquera son
territoire en tant que membre de votre famille à part entière.
- Peut-être qu’un tout petit changement est nécessaire :
est-ce qu’il a des amis et des activités chez-vous ?
Est-ce que vous êtes souvent absent lorsqu’il est là ?
Est-ce qu’une nouvelle personne habite avec vous et que
des ajustements sont nécessaires ? Etc.
- Si à l’inverse, il ne veut pas vous quitter, assurez-vous
que ce n’est pas parce qu’il a peur de vous peiner s’il vous
laisse seul(e).
Certains enfants sont prêts à se sacrifier pour voir leur parent heureux.
Ne lui donnez pas l’impression d’être déloyal envers vous s’il est
heureux d’aller avec l’autre parent. Dans toutes situations normales,
même s’il est difficile de le voir partir, encouragez votre enfant à
maintenir une bonne relation avec l’autre parent et montrez-lui que
vous êtes en accord tous les deux, il en sera réconforté.
Une situation particulière se présente à l’adolescence, la plupart
des jeunes n’acceptent plus la garde partagée et demandent de vivre
chez un des parents quitte à voir l’autre occasionnellement selon
leurs disponibilités de travail, d’études, de loisirs, etc. Pour choisir
l’endroit où ils habiteront, les adolescents tiennent compte de la
proximité de l’école qu’ils fréquentent, de la facilité d’accès au
centre sportif, des transports en commun, etc. La famille est moins
centrale et ils voudront demeurer le plus près possible de leurs amis.
Il se peut aussi que l’adolescent qui a vécu avec un parent demande
d’aller vivre avec l’autre, il est alors normal qu’il veuille découvrir
son autre parent. C’est un élément pour la construction de sa personnalité.
C’est vous qui devrez dans ce cas accepter ce changement dans votre vie
et lui faciliter les choses en ne tentant pas de le retenir et en ne lui
donnant pas l’impression que vous vous sentez abandonné.
Il faut cependant examiner à fond les circonstances dans lesquelles ce
transfert se fait pour distinguer s’il s’agit d’un réel besoin de définir
son identité ou d’une fuite. On pourra dire que débute une stratégie
de fuite si l’adolescent cherche à éviter l’autorité, refuse les
règles établies chez vous, s’il veut se soustraire à la discipline,
avoir de plus en plus de liberté et de moins en moins de responsabilité;
s’il prétend qu’il ne peut plus supporter le beau-parent et se réfugie
alors dans l’autre foyer après un départ fracassant. Alors, faites attention.
Vous enfant entreprend peut-être une carrière d’«enfant prodigue» qui
vivra un certain temps avec l’autre parent et reviendra dès que celui-ci
aura mis aussi des limites (ex. : « Tu ne peux plus amener ta petite
amie ici toutes les fins de semaine. »). Vous devez lui apprendre qu’il
ne peut se soustraire continuellement à la nécessité de régler ses
problèmes avec l’entourage et l’aider à assumer les avantages et
les inconvénients d’un milieu. Mettez les choses au clair avec lui
et assurez-vous la collaboration avec l’autre foyer pour éviter la
manipulation. Fixez un temps limite où il doit vivre à un endroit
(ex. : « Si tu décides d’aller vivre avec ton père, c’est pour un
minimum d’un an. »)
L’enjeu véritable est la mise au monde d’un adulte. L’adolescent a besoin
d’être écouté, compris et il a encore besoin de balises pour apprendre
jusqu’où vont ses droits, ses libertés et où commencent ceux des autres.
Dans les deux cas, vous aurez à obtenir l’accord de l’autre parent avant
d’accéder à la demande de l’enfant, et prévoir avec celui-ci la manière
dont vous pourrez continuer de l’accompagner. Vous devrez réviser les
arrangements de garde et prendre des ententes à moyen terme.
Attendez-vous à ce que les changements soient plus fréquents à cet âge.
Gisèle Larouche,
Auteure du livre « Du nouvel amour à la famille recomposée. La grande
traversée. » publié en 2001 aux Éditions de l’Homme.
Les règles de base pour assurer le succès
du partage des responsabilités parentales.
-
Après la séparation du couple, les parents demeurent. De nouvelles
règles s'imposent si vous voulez que vos enfants continuent d'avoir
un papa et une maman. En voici quelques-unes qui ont fait leur preuve.
- Respectez l'intimité de chacun et n'interférez pas dans le
ménage de l'autre.
- Soyez courtois(e). Prenez rendez-vous pour discuter des choses
importantes, comme vous le feriez avec un collègue ou une autre
relation.
- Donnez à votre ex-conjoint(e) le bénéfice du doute; ne faites
pas de suppositions à partir de ce que les enfants ont dit, mais
prenez le temps de vérifier avec l'autre parent de quoi il s'agit
vraiment.
- Quand il y a divergences ou conflits, recherchez des solutions
et non à qui appartient la faute.
- Soyez d'affaires et ayez vos émotions à l'oeil; évaluez le
comportement de votre ex-conjoint(e) non pas selon vos émotions,
mais selon la manière de régler les affaires.
- Soyez digne de confiance et respectez vos ententes.
- À chacun sa manière. Il est impossible de changer l'autre.
Concentrez-vous sur comment vous souhaitez être vous-même avec
vos enfants et laissez l'autre choisir comment il (elle) veut
vivre avec eux.
- Mettez vos ententes par écrit. Assurez-vous que les décisions
que vous avez prises quant au partage du temps, des tâches et des
coûts, soient explicites et clairement détaillées.
- Gardez votre passé matrimonial dans un compartiment spécial; ne
ramenez pas le passé dans le présent de vos enfants, ne le
laissez pas faire obstacle à vos discussions.
- Faites-vous la promesse de garder le contact avec vos enfants
et de ne jamais les éloigner de l'autre.
Les quatre saisons de la famille recomposée.
-
La famille habituellement se développe selon les étapes suivantes :
couple, naissance du premier enfant, parents avec adolescents,
départ des enfants, parents seuls. La famille recomposée, au départ,
ne suivra pas ces étapes ; puisqu’elle doit unir deux entités
(2 familles monoparentales), elle s’apparente plutôt à l’union du
couple (2 personnes). Elle évoluera donc comme celui-ci selon des
phases de fusion, de différenciation, d’engagement et de
solidification sur une période de 7 ans environ selon ce qu’en
conclut les différentes recherches.
Pour illustrer ce qui se passe à l’intérieur de chacune de ces
quatre phases, nous utiliserons le symbole des quatre saisons parce
qu’elles représentent le cycle de la vie avec ses périodes d’abondance,
de deuil, de choix et de recommencement.
Les phases de la famille recomposée comme les phases du couple
s’enchaînent les unes aux autres mais sans se suivre comme les
saisons à chaque année. Elles ne sont pas linéaires, ni similaires
dans la durée ou l’intensité. Certaines familles peuvent, par exemple,
vivre longtemps dans une phase alors que l’autre passera presqu’inaperçue.
D’autres pourront en inverser l’ordre ou revenir fréquemment à l’une
d’entre elle selon leur dynamique interne mais aussi selon des facteurs
externes parfois incontrôlables.
Nous nous attacherons donc aux symboles des quatre saisons surtout
pour ce qu’elles représentent et ce qu’elles nous font vivre.
Ainsi on associe l’été à l’abondance, la période où les arbres sont
verts et portent des fruits, où les fleurs sont éclatantes de couleurs,
les jardins débordant de légumes. C’est la période où le soleil est
à son zénith, un temps d’énergie intense. C’est la période des vacances,
e la détente, un temps de proximité avec nos proches.
L’automne est la période de la récolte, on cueille, on engrange, on
fait des conserves en vue d’affronter la période plus dure qui s’en
vient; c’est un temps de travail et de courage. Puis les feuilles
tombent, la nature se dessèche, quelque chose doit mourir, il faudra
renoncer pour naître à autre chose. C’est le temps de la transformation.
Et l’hiver arrive et l’on s’abrite à l’intérieur, la nature semble
s’endormir mais la vie continue par en dessous. La noirceur vient
plus tôt, la lumière manque. Les tempêtes, les vents, pour certains
pays la saison des pluies, éprouvent l’endurance, épuisent les
réserves. C’est l’épreuve, le moment d’arrêt entre la mort et le
renouveau. Des choix sont à faire, le dépouillement aidera à mieux y voir…
Et enfin, au printemps la vie explose de partout, dans toute sa
fraîcheur. Les bourgeons éclatent, les animaux mettent bas, les
oiseaux construisent leurs nids. Le ruisseau recommence à couler,
la chaleur renouvelle le paysage. Tout à coup, on a la vision très
claire de ce que l’on souhaite, de ce que l’on veut bâtir, et on se
sent déborder d’enthousiasme à cette idée. On se réorganise pour un
autre départ, c’est le temps de la création. On sème et le cycle
recommence et ainsi va la vie…
Et ainsi va la famille recomposée qui passera à travers chacune de
ces saisons et qui y reviendra elle aussi tour à tour, par exemple,
au deuil quand l’enfant partira de la maison et à l’abondance quand
le beau-parent dira à l’enfant: « Je t’aime comme si tu étais mon fils »
ou quand arrivera le petit-enfant. Ces cycles ne tournent pas en
ronds, ils sont évolutifs, ils s’enchaînent en montant, on grandit…
Vers où ? Vers quoi? Vers « Soi »! Vers « Nous »…!
PHASE 1: LA FUSION
l’été de la famille recomposée
Tout beau! Vous avez rencontré la personne rêvée et vous êtes
« aux petits oiseaux ». Le soleil brille! Ça commence toujours par
une belle histoire d’amour! Deux familles monoparentales se courtisent :
« Je t’aime, je vais aimer tes enfants.
Tu m’aimes, tu vas aimer mes enfants.
Nous allons être heureux ensemble. »
C’est un mythe de croire que parce qu’on aime un homme (une femme),
on aimera automatiquement ses enfants, qu’ils lui ressembleront et
que notre amour les englobera aussi. Et c’est aussi un mythe de penser
que parce qu’on est heureux, les enfants le seront aussi. Mais à ce
moment-ci, vous voyez tout en couleurs…
« Je vais retrouver une famille. »
« Mon fils va avoir un ami. »
Malgré les statistiques malgré les échecs que vous avez vus autour
de vous, la confiance est au plus haut. Et les faits vous donnent
raison : les enfants jouent ensemble, le démarrage se fait bien.
Même si vous entrevoyez déjà certains irritants : que la façon de
dépenser de l’autre diffère de la vôtre ou que le caractère d’un
de ses enfants vous heurte, vous ne voulez pas vous laissez démonter,
tout s’arrangera.
Tout chaud! Dans ce courant fusionnel, le couple entraîne les enfants
avec lui; les frontières se confondent, la nouveauté est stimulante,
chacun s’investit pour combler les désirs de l’autre. « Je suis prêt
à tout pour que ça marche. » À cette étape, le beau-parent cherche à
plaire à l’enfant et s’investit dans les activités que celui-ci aime,
ce qui enchante le parent. Il y a peu de circonstances susceptibles
de provoquer la discorde. Même si certains enfants peuvent vivre
quelques réticences à voir un étranger avec leur parent, ils le
percevront comme l’ami(e) de papa ou de maman, donc interférant peu
dans leur propre vie.
Pour bien vivre cette étape : Soyez réaliste.
Profitez au maximum de cette période de joies intenses mais en restant
réaliste et en vous rappelant qu’elle est là pour donner de l’élan
en partant et une certitude : celle que vous pouvez être bien ensemble.
PHASE 2: LA DIFFÉRENCE AU QUOTIDIEN
L’automne de la famille recomposée
Quelques nuages se pointent à l’horizon.
Avec le début de la vie commune, c’est le réveil à la réalité, les
deux parents se heurtent aux habitudes de vie différentes : vos enfants
ne se couchent pas à la même heure, vous êtes obligés de négocier pour
écouter votre émission de télévision, votre fauteuil est occupé, votre
conjoint assume moins de tâches que vous le souhaitez, son fils le
réclame à l’heure du coucher, etc.
Si vous avez tous les deux des enfants, vous constatez que vos façons
de les éduquer diffèrent : elle est plus exigeante, vous êtes plus souple.
À l’heure des repas, sa fille refuse la nourriture que vous préparez.
Elle fête Noël le 24 décembre, vous le 25. Des rites, des façons de
faire, vous avez votre histoire, ils ont la leur. Voilà les tensions
qui commencent. Vous vous frottez au quotidien! On sait que dans le
cas d’une famille nucléaire, les habitudes et les valeurs des parents
peuvent différer mais ils s’adaptent graduellement au fur et à mesure
que l’enfant grandit. Dans le cas de la famille recomposée, en plus du
modèle familial d’enfance, les conjoints ont développé avec leurs
enfants une façon d’être parent. Il faudra alors beaucoup d’échanges
pour trouver un point de rencontre entre des modèles éducationnels
très différents et parfois même opposés.
Mais à cette étape, la tendance est de croire que vous avez la bonne
façon et vous critiquez l’autre : « tu devrais changer ceci, ton enfant
est trop gâtée. » En réalité, vous avez probablement tous les deux
raison : vos façons de faire respectives ont plutôt bien marché jusqu’ici,
vos enfants en sont la preuve. Ils ne sont pas si mal, après tout!
La plupart des enfants eux, à cette étape, espèrent encore réunir
leurs parents. Ils voient donc le nouvel arrivant comme un obstacle
à leur rêve de réconciliation et trouvent mille astuces pour entraver
le projet du couple (une grande partie de cette résistance est inconsciente).
L’enfant pourra alors déranger votre intimité en s’assoyant entre vous,
provoquer des discordes, se quereller avec les autres enfants pour
défendre son territoire mais aussi pour monopoliser votre attention.
Il peut essayer d’ignorer le beau-parent, ou le submerger de tâches,
ou faire ce qui le contrarie. Il peut le comparer à son parent absent
en le diminuant : « Ma mère, elle, ne ferait pas cela. » Ces tactiques
sont alimentées par le désir de retrouver sa famille unie comme avant,
son motif est louable et il se bat pour une bonne cause. Comprendre son
combat est déjà un bon pas pour l’aider à désarmer.
Pendant la période de monoparentalité, très souvent le parent privé d’un
conjoint se rapproche de son enfant : il a plus de temps à lui consacrer,
a besoin d’affection et de support dans les tâches quotidiennes. Si l’enfant
est en âge d’assumer ce rôle, il arrive même que le parent le prenne comme
conseiller dans les décisions à prendre. L’arrivée du nouveau conjoint viendra
modifier ce statut. L’enfant perdra cette place privilégiée et le vivra
comme une régression.
Si l’enfant aime facilement le beau-parent, il aura peur de trahir son parent
absent, surtout si celui-ci manifeste de la colère, de l’hostilité ou de la
tristesse quand il est question du nouvel arrivant. L’enfant, pris dans un
conflit de loyauté, s’interdira de créer des liens ou se sentira coupable de
le faire. À cette étape, les enfants défendent donc leurs acquis, ils ont
également peur de perdre leur parent qui semble très accaparé par ce nouvel
amour. Ajoutez à cela la jalousie, la rivalité et l’inquiétude qu’il peut
vivre si le nouveau conjoint a des enfants… « Avant, toute l’affection était
pour moi. Maintenant, ma mère joue avec ces autres enfants et les prend dans
ses bras. ». Ils espèrent secrètement récupérer l’exclusivité du lien filial.
Le climat se refroidit! L’enfant changera peut-être aussi d’attitude vis-à-vis
son parent et lui reprochera les difficultés qu’il vit ; il se dira victime de
la décision que celui-ci a prise. Il veut se venger d’une injustice : en plus
de subir les déchirements de la séparation, il a peut-être dû changer d’école,
de chambre, d’amis, vivre dans les valises et il doit maintenant s’adapter à
ce nouvel adulte. Il sera plus agressif, plus maussade, plus possessif avec
son parent et moins enclin à lui obéir. Il tentera peut-être de le pousser au
pied du mur pour tester son amour et sa fidélité : « Qui de nous vas-tu choisir?
Est-ce que cet étranger est plus important que moi, ton fils (ta fille)? »
S’il sent que son parent est hésitant ou se culpabilise, il redoublera d’ardeur
et utilisera ce pouvoir pour manipuler.
Les réactions sont différentes selon le caractère de l’enfant : à l’inverse
des plus combattifs, certains se refermeront – se sentant impuissants et accablés
par la situation – ou d’autres seront suradaptés en essayant de répondre à toutes
les attentes des adultes – croyant que s’ils sont irréprochables, ils seront
aimés –. Nous sommes portés à accorder beaucoup d’attention à l’enfant qui
revendique et s’exprime fortement : « on huile la roue qui grince », mais celui
qui ne fait pas de bruit a besoin d’être entendu aussi.
Un rêve s’envole, c’est la désillusion, quelque chose doit mourir! Ce sera plus
difficile que vous l’aviez cru. En général, des deuils importants seront à faire
et pour les enfants et pour les parents.
Le parent, lui, aura l’impression d’être pris entre deux feux. D’une part,
il ne peut reprocher à son enfant d’agir comme il le lui a appris, mais d’autre
part, il ne peut justifier son comportement et faire appel à la compréhension
et à la tolérance du beau-parent sans que celui-ci lui reproche de prendre parti
et développe de l’agressivité envers l’enfant « qui gagne encore » selon lui.
Le parent qui voit son enfant malheureux peut se demander : « Suis-je justifié
de lui faire vivre cela ? Est-ce que mon bonheur valait ce prix? » Et les doutes
reviennent se pointer à l’horizon.
Le beau-parent, à cette étape, se demande comment faire sa place et pénétrer
ce système si bien rodé. S’il s’investit trop et trop vite, il provoque les
résistances de l’enfant, se heurte aux habitudes de vie différentes du milieu
qu’il rejoint et entre en conflits avec le parent qui a déjà sa façon de faire.
S’il ne s’investit pas assez, il vit un désintérêt et un désengagement progressif.
Il demeurera peut-être conjoint du parent, mais ne deviendra pas un beau-parent ;
car ce n’est pas parce qu’on vit dans la même maison que l’enfant qu’on est
beau-parent !
Vos belles attentes se flétrissent!
Les deux conjoints, divisés par les conflits, ont tendance à dire « occupe-toi
de tes enfants, je vais m’occuper des miens. » C’est la différenciation.
Pour bien vivre cette étape : Reconnaîssez le vécu de chacun et aidez chaque
membre de la famille à accepter ses pertes.
- Le parent peut aider l’enfant à mettre des mots sur ce qu’il ressent
(sa souffrance, sa colère vis-à-vis son parent ou son beau-parent ou la culpabilité
d’aimer celui-ci). L’écouter sans le laisser dériver : « je comprends que ce n’est
pas facile pour toi... mais j’aime Lise et je ne retournerai pas avec ta mère. »
Même s’il rêve d’un retour, ses petites épaules seraient bien chargées si elles
avaient à porter l’échec de votre projet de vie.
- Le beau-parent devra éviter de critiquer la façon de faire du parent et
accueillir l’enfant où il est et comme il est. Être vrai avec celui-ci et lui
parler franchement : « cette relation est difficile pour nous deux, nous n’avons
pas le choix, je suis là, tu es là, nous aimons tous deux la même personne. Nous
allons prendre le temps de nous connaître et trouver une façon de vivre ensemble.
Je ne veux pas remplacer ton père (ta mère). Je comprends que c’est difficile pour
toi que j’arrive comme ça dans ta vie. J’aurais fais la même chose que toi, à ta
place et à ton âge. » Ne prenez pas comme une attaque personnelle ses attitudes et
ses remarques offensives ; c’est le rôle, la place que vous occupez qu’il conteste.
Pour l’enfant, « maman » et « la femme de papa » sont la même personne et donc, si
le beau-parent devient « la femme de papa », est-ce qu’elle va aussi prendre la place
de maman ? D’où l’importance de signifier à l’enfant que son père restera son père,
sa mère restera sa mère et que vous, vous aurez une autre place. Ignorez donc les
attaques anodines, mais demandez-lui de vous respecter lorsqu’il va trop loin.
- Le couple se réservera du temps pour échanger sur le vécu de l’autre et ses
attentes : « quel rôle veux-tu que je joue auprès de tes enfants? »
« Pourrais-tu m’aider en... »
PHASE 3 : LA RUPTURE OU L’ENGAGEMENT
L’hiver de la famille recomposée
Voilà les tempêtes! Les tensions deviennent des querelles ouvertes.
C’est souvent le beau-parent qui, pour faire sa place, fait des pressions
sur la structure en place. Il décide de s’affirmer et secoue la barque :
quelque chose de fondamental doit changer. Il n’accepte plus d’être tenu
à l’écart ou d’être traité de cette façon par l’enfant ou par son conjoint.
« J’ai des droits ! » Les luttes qui peuvent sembler banales de l’extérieur
sont très significatives pour lui; ce sont des luttes de pouvoir afin
d’établir son territoire et son rôle.
La guerre de la cigarette
Philippe, 15 ans, dit qu’il a le droit de respirer de l’air pur dans la
maison et exige que son beau-père aille fumer dehors. Après un certain
temps, celui-ci dit : « il fait froid maintenant, je paie le loyer ici,
donc je vais fumer à l’intérieur. » Philippe alors ouvre toutes les
fenêtres en plein hiver. Tout le monde se plaint d’avoir froid. Des éclats
de voix s’ensuivent. Et une nouvelle crise éclate à chaque cigarette.
La guerre de la meilleure place à table, de l’accès à la douche, etc., etc.
Il n’y a pas de situations exclues, elles sont toutes valables pour
vérifier si quelque chose va bouger.
C’est l’épreuve! Ce sont des guerres à finir. Le parent y verra un manque
de maturité de la part de son conjoint : « Tu devrais être raisonnable,
c’est toi l’adulte. »
Or il s’agit d’un tournant décisif qui décidera du couple et de la famille :
ou le parent fait coalition avec son enfant et les deux entités familiales
s’éloignent de plus en plus, ou le couple fait alliance et toute la structure
de la famille changera.
Le choix se pose ainsi : si les conjoints recherchent des solutions
ensemble, s’ils disent « nous avons un problème, comment le réglons-nous ? »,
si au lieu de prendre parti, de chercher un coupable, ils négocient en tenant
compte de chacun avec ses différences, la famille passera à l’autre étape.
Sinon, la séparation sera probablement l’issue. On se rend ensemble à bon
port ou on coule chacun de son côté. On ne saurait continuer longtemps dans
cette atmosphère de tensions. Surtout qu’après une rupture on semble moins
bien tolérer une relation exigeante et insatisfaisante. Comme si on croyait
avoir payé déjà chèrement le droit à une vie sereine…Toutes les familles ne
vivent pas avec la même intensité cette période charnière mais toutes verront
des transformations dans le fonctionnement de la maisonnée à ce moment-ci.
Tout le paysage change!
Si on prend bien le tournant les structures se modifient pour tenir compte
des différents systèmes et faire une place pour chacun.
Des trios se brisent pour se restructurer autrement :
- Un sous-système couple apparaît, une frontière est mise (ex. : «
on n’entre plus dans la chambre à coucher des parents. ») et l’enfant se retire
de la relation parent – beau-parent.
- Une autre frontière est mise en place pour délimiter et protéger le
territoire de la nouvelle famille (ex. : on dira à l’ex-conjoint: « Ne
téléphone plus le samedi soir. ». Le couple acquiert sa légitimité « Nous avons
le droit d’être ensemble et d’être heureux » et « nous avons le droit d’être une
famille. Le droit de rester maître chez nous malgré la survivance d’un lien parental ».
- Un sous-système est formé par le beau-parent et l’enfant, et le parent se
retire d’entre les deux (ex. : « Tu lui en parleras à lui. »). Il peut maintenant
laisser son conjoint gérer ses conflits avec l’enfant parce qu’il a acquis
l’assurance que celui-ci est conscient de sa responsabilité et qu’il aime assez
l’enfant pour intervenir justement.
- Le beau-parent a un rôle clair; il se sent membre à part entière de ce
système. Il a ses droits et ses devoirs dans le quotidien. Il sait ce qu’il
peut apporter. La famille monoparentale s’est modifiée pour l’intégrer et probablement
sa parenté aussi. Il peut être authentique dans sa relation avec l’enfant et affirmer
ses besoins sans avoir peur que tout éclate.
De deux familles monoparentales, on devient une famille dirigée par un couple.
L’enfant s’engage, il apprend à tirer le meilleur parti de la situation, à s’adapter
à la complexité de deux modes de vie et il a un nouveau sentiment d’appartenance
à un ensemble plus vaste.
Un certain calme s’installe! Les défenses sont tombées, les relations sont
dépouillées des attentes irréalistes …
Pour bien vivre cette étape : négociez et apprenez à vivre avec les différences.
Délimitez les territoires : de l’espace et du temps pour chacun (couple, moi
et mes enfants, toi et tes enfants, les enfants ensemble, la famille au complet);
Délimitez les pouvoirs : les limites de l’enfant, les droits et les responsabilités
dans les rôles de parent et beau-parent;
Négociez au fur et à mesure les besoins contradictoires et trouvez une solution
satisfaisante pour les deux partis. Vivez et créez avec les différences.
PHASE 4: LA SOLIDIFICATION
Le printemps de la famille recomposée
Une nouvelle famille voit le jour. On élabore un modèle familial qui corresponde
à la réalité unique des membres de la famille. Il n’y a pas de moule pouvant
convenir à la majorité des familles qui se recomposent. Chacune d’elle a son
histoire propre qui ne saurait ressembler à aucune autre. Et chacune d’elle
doit trouver une façon de vivre ensemble qui soit satisfaisante pour tous les
acteurs. Vous avez à vous donner votre propre mode de vie où chacun aura sa place,
se sentira membre à part entière de cette entité, connaîtra les règles à suivre
mais aussi ses droits, ses gains et son rôle. On se crée un foyer…
Les bourgeons apparaissent, des liens naissent.
Vous avez pris l’autre dans votre vie. Des petits gestes de tendresse
vous surprennent agréablement :
- Votre belle-fille vous offre un dessin;
- Votre beau-fils vous achète votre musique préférée à votre anniversaire;
- Votre conjoint se préoccupe de votre enfant et loue un film
qu’il voulait regarder;
- L’adolescent propose à son beau-père une partie de pêche ou lui
demande de lui montrer comment réparer sa bicyclette ;
- Le plus vieux aide le plus jeune dans son devoir d’anglais. On s’entraide.
Vous vous sentez habité par l’autre, vous pensez à lui quand il n’est
pas là et ce qui lui arrive vous concerne. Vous acceptez les rythmes différents,
même si un des membres est moins engagé, il est admis tel qu’il est et où il est.
Vous pouvez faire des projets d’avenir ensemble. Vous ensisagez d’acheter une auto
plus spacieuse, une maison, vous tranformez le sous-sol en salle de jeux pour les
plus jeunes, etc.
On construit peu à peu son nid.
Vous vivez de bons moments ensemble. À Noël, chacun offre des cadeaux aux
autres et vous inventez une fête qui vous ressemble. Vous avez vos photos de
famille, votre « Nous ».
Vous créez votre histoire avec ses rites (les crêpes du dimanche matin),
ses habitudes (écouter des films près d’un bon feu), ses refuges (un chalet
dans les bois). Vous redécorez, vous inventez un « chez-nous où il fait bon vivre ».
Vous avez modifié votre façon de cuisiner pour inclure les goûts de chacun,
vous inventez de nouvelles recettes. L’espace est divisé pour laisser le plus
d’autonomie possible « aux grands », l’adolescent aura sa chambre insonorisée
au sous-sol. La rigidité a fait place à la créativité essentielle dans cette
étonnante famille.
Oui, vous avez votre façon bien à vous de vivre au quotidien.
Souvent l’amour nous est donné et le défi est de l’entretenir par la suite.
Dans la famille recomposée, on doit le conquérir au fil des jours, de petit
geste en petit geste. C’est souvent dans les petites choses que l’on s’écorche
et ce sont aussi celles qui font le plus plaisir…
Quelle joie quand votre beau-fils vous cherchera pour vous dire bonjour
avant de retourner chez son autre parent ou en revenant de chez celui-ci.
L’air de rien, vous serez tout bouleversé par en-dedans...
Cette tendresse, c’est une bouteille jetée à la mer quelques années
plus tôt et qui revient chargée d’un message d’amour...
Extrait du livre “Du nouvel amour à la famille recomposée. La grande traversée”, GisèleLarouche, Les Éditions de l’Homme, 2001.
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